Union Européenne : 21,4% de nouvelles capacités éoliennes en 2011
Selon les derniers chiffres publiés par l'Association européenne de l'énergie éolienne (EWEA), 9.616 MW de capacités éoliennes ont été installées en 2011 dans l'Union Européenne. Globalement, cela porte la capacité installée à 93.957 MW, soit la fourniture de 6,3% de l'électricité de l'Union Européenne. Avec 21,4% de nouvelles capacités énergétiques en 2011, la part de l'éolien a atteint presque la même proportion que l'année 2010 (+ 9.648 MW).
"Malgré la crise économique qui sévit en Europe, l'industrie éolienne a installé de solides bases vers de nouvelles capacités", a commenté Justin Wilkes, directeur des affaires réglementaires à l'EWEA. "Mais pour parvenir aux objectifs à long terme de l'UE, nous avons encore besoin d'une croissance forte dans les années à venir. Il est essentiel d'envoyer des signaux positifs aux investisseurs à travers les gouvernements européens pour maintenir des politiques stables afin de soutenir les énergies renouvelables et pour l'Union européenne de continuer à s'orienter vers l'objectif de 30% d'énergie renouvelable à l'horizon 2030 ." Le développement des installations terrestres en Allemagne et en Suède, ainsi que celles réalisées au large du Royaume-Uni (offshore) compensent la chute des installations dans des marchés dits matures comme la France et l'Espagne.
Globalement, l'Allemagne reste le pays de l'UE qui possède la plus grande capacité éolienne installée, suivie par l'Espagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni.
L'EWEA précise que l'Europe a installé en 2011 plus de capacités renouvelables que n'importe quelles autres années. Les énergies renouvelables ont ainsi représenté 71,3% des nouvelles installations : 32 043 MW. Le pétrole et l'énergie nucléaire ont connu à contrario une baisse l'année dernière, avec davantage de capacités désinvesties qu'installées.
Dans l'Union Européenne, la capacité totale installée nette a augmenté en 2011 de 35 468 MW pour atteindre 895 878 MW, avec une part de l'énergie éolienne en hausse de 10,5%, tandis que la part du renouvelable est arrivé à un taux de 31,1%. Consulter le rapport 2011 complet de l'EWEA (.PDF)
Vague de froid : "les éoliennes confirment leur utilité"
Alors qu'un froid intense touche la France et que les besoins en électricité atteignent des sommets, "le parc éolien fournit une quantité d'électricité particulièrement importante et contribue de manière significative à l’équilibre offre demande" a indiqué vendredi dernier dans un communiqué, le Syndicat des énergies renouvelables (SER). Selon l’association qui regroupe plus de 500 adhérents, dont 230 adhérents dans le secteur éolien, le parc éolien a couvert le jeudi 2 février en moyenne 4 % de nos besoins en électricité (taux atteint y compris lors de la pointe de consommation de 19h), en parvenant à des puissances de production de plus de 4000 MW, alors que la température moyenne en France a été de – 4°C : "c'est l'équivalent de deux fois la puissance électrique consommée par la ville de Paris."
En conséquence, cette production réduit d'autant le recours aux centrales thermiques (charbon, gaz et fioul), polluantes et au coût de production élevé, ainsi que les importations d’électricité, tient à rappeler le SER.
La situation actuelle démontre une nouvelle fois que les périodes de grand froid ne sont pas synonymes d'une absence de production éolienne. RTE l'avait constaté dès 2007 et le rappelle régulièrement depuis : « L’analyse météorologique à l’échelle nationale ne montre pas que les périodes de froid intense s’accompagnent systématiquement de faibles productions éoliennes ». Au contraire, la production éolienne est en moyenne plus élevée durant ces périodes.*
Le dispositif IPES (pour l'insertion de la production éolienne et photovoltaïque sur le système) mis en place par RTE permet de prévoir chaque jour et de manière satisfaisante la production éolienne sur le territoire et d'y adapter les besoins restants. Ainsi, le parc éolien participe à l'équilibre offre vs demande. C'est ce que rappelle le RTE dans le Bilan Prévisionnel*, en précisant « qu'en France, 25 000 MW** d’éoliennes ou 5 000 MW d'équipements thermiques apparaissent équivalents en termes d’ajustement du parc de production ».
* Source :
** Objectif 2020 du Grenelle de l’environnement
Le développement du parc éolien français à la peine en 2011
A l'occasion du bilan de l'électricité française pour l'année 2011, RTE (Réseau de Transport de l'Electricité) a présenté l'état du développement du parc éolien français, qui à fin 2011 a couvert 2,5 % de notre consommation électrique avec 6640 MW raccordés. L’année dernière, le parc éolien français a progressé de 875 MW contre 1200 MW en 2010*. Cela représente une chute très préoccupante de 30% des MW annuellement raccordés.
Ce rythme de développement est très insuffisant selon le SER (Syndicat des Energies Renouvelables) : "c’est 1 350 MW par an qu’il nous faudrait raccorder pour être au rendez-vous du Grenelle de l’environnement qui fixe à la filière un objectif de 19 000 MW terrestres en 2020."
Un faisceau de raisons expliquent le résultat très médiocre de cette dernière année selon t-elle : "certes la difficulté de raccordements due au manque de capacité d’accueil des réseaux électriques et la conjoncture économique ont constitué des freins, mais ces explications ne sont pas suffisantes."
En fait, les recours contre les parcs et contre les décisions de création de ZDE (Zones de Développement de l’Eolien) atteignent aujourd’hui 42 % contre 35 % en 2009. Et dans plus de 75 % des cas, l’annulation du projet ou de la ZDE est refusée par le Tribunal administratif. C'est pourquoi le SER estime que "ces contentieux abusifs retardent de plusieurs années le démarrage des chantiers."
Dans un tel contexte, les nouvelles dispositions de la loi Grenelle 2, parmi lesquelles la soumission des éoliennes à la procédure ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement), l’obligation de réaliser des parcs de 5 éoliennes minimum et le ralentissement de la délivrance de nouvelles ZDE, dû notamment à l’attente de l’achèvement des volets éoliens des schémas régionaux, présagent d’une croissance du parc bien en deçà du rythme nécessaire à l’atteinte de l’objectif du Grenelle, déplore encore le Syndicat représentatif.
Face à ces perspectives, Jean-Louis BAL, Président du SER, et Nicolas WOLFF, Président de FEE, la branche éolienne du SER, demandent « la suppression de la règle des cinq éoliennes minimum et celle des ZDE, une fois les schémas régionaux éoliens adoptés. »