La gestion des eaux usées, et notamment le traitement dans les stations d'épuration, coûte beaucoup d'argent aux collectivités. Pourtant, ces eaux usées pourraient devenir de véritables sources d'énergies pour de nombreuses communes. Développé en Suisse depuis quelques années, un procédé vise en effet à récupérer la température de ces eaux afin d'alimenter des pompes à chaleur installées dans des logements ou dans des bâtiments publics. En France, c'est la Lyonnaise des Eaux qui est précurseur sur ce marché.
Lors de leur évacuation, les eaux usées ont une température moyenne comprise entre 10° et 20° (selon la région et les saisons).
Issues de notre consommation courante (cuisine, salles de bains, lave-linge et lave-vaisselle), ces eaux usées recèlent donc de grandes quantités d'énergie. En effet, en hiver, les eaux usées sont nettement plus chaudes que l'air extérieur alors qu'en été, c'est l'inverse. Les calories des ces eaux peuvent donc être utilisées pour le chauffage ou le refroidissement des bâtiments.
La récupération de la chaleur de ces eaux repose sur une technologie écologique. Le cœur du dispositif est constitué par un échangeur de chaleur qui capte l'énergie des eaux usées afin de les transmettre à une pompe à chaleur qui chauffe ou refroidit les bâtiments. La chaleur peut être récupérée soit directement sur les eaux usées brutes circulant dans les canalisations soit sur les eaux traitées par les stations d'épuration.
Le dispositif nécessite, malgré tout, l'installation de canalisations permettant un débit minimum de 15l par seconde. Il s'agit surtout de projets à réaliser à l'occasion de la construction de nouvelles infrastructures, il peut en effet s'avérer assez couteux de mettre en place ce système dans le cadre de la rénovation de canalisations anciennes.

Le potentiel de cette technologie s'avère être très important. Pour la Suisse, le groupe SuisseEnergie estime que les eaux usées pourraient fournir suffisamment d'énergie thermique pour chauffer plus de 300 000 appartements.
En France, la Lyonnaise des Eaux a été l'une des première société à proposer un système de chauffage à partir de la récupération des calories des eaux usées.
Baptisée « Degrés bleu », l'offre lancée en 2009, s'adresse aux communes, aux copropriétés et aux gestionnaires de bâtiments collectifs (HLM, maisons de retraite, hôpitaux...).
La compagnie récemment fait évoluer sa technologie afin de pouvoir se connecter à un réseau de chauffage classique. Selon le blog de Dominique Lemoine, conseiller municipal de Tours, elle réalise une expérience en Ile de France. Il s'agit de raccorder un groupe scolaire à l'aide de 60 mètres d'échangeur installé dans un collecteur. Il ajoute que « les informations transmises par la Lyonnaise des Eaux semblent démontrer que cette technologie permet de couvrir 70% des besoins en chaleur du groupe scolaire et permet d'éviter 76,3 tonnes de CO2 par an ».
Des résultats qui ne peuvent qu'encourager le développement de cette technique. Un développement encore limité en France malgré les nombreuses initiatives positives réalisées en Suisse. Il faut espérer que d'autres industriels de taille se place sur ce secteur.