Alors que nous revenions sur une bonne nouvelle pour la filière française du photovoltaïque avec la mise en place du label AQPV, l'annonce jeudi 21 juillet de la Commission de Régulation de l'Energie (CRE) risque d'être vécu comme une douche froide par les professionnels du secteur. La commission vient en effet de fixer les conditions d'achat de l'électricité produite par les installations solaires pour les projets présentés entre le 1er juillet et le 30 septembre 2011, et ces prix sont en forte baisse, un coup dur pour le secteur...
Comme le prévoit le nouveau cadre réglementaire sur les tarifs d'achat photovoltaïque, la CRE a publié les tarifs applicables du 1er juillet au 30 septembre. Si des baisses étaient à prévoir, celles-ci sont plus importantes que prévue. Car les tarifs sont fixés en fonction du bilan des raccordements du trimestre précédent. Conséquences : ce sera -7,5% pour ce qui concerne le résidentiel et -9,5% pour ce qui est des autres bâtiments (bâtiments industriels, installations publiques).


Un nouveau coup dur pour le secteur qui n'a pas été épargné cette année entre la réduction du crédit d'impôt alloué à l'installation de panneaux solaire et la tenue du moratoire visant à redéfinir l'organisation de la filière. Pourtant le gouvernement affiche un optimisme qui tranche les inquiétudes des fabricants et des installateurs.
Ironie de la communication, la Ministre de l'écologie qui était interrogée par un journaliste du Figaro la veille de l'annonce de la CRE, se montrait particulièrement optimiste à propos des industriels français : « les entreprises françaises sont bien positionnées », ajoutant qu'« il n'y a pas eu de coup d'arrêt de la filière ». Dans cet entretien, elle confirme que le gouvernement ne reviendra pas sur la baisse des avantages fiscaux pour les particuliers. La Ministre souhaite en effet favoriser le développement d'installations de grandes tailles (plus de 1000 m2). De nombreux appels d'offres vont ainsi être lancés pour des projets allant de 1000 à 5000m2 de panneaux photovoltaïque. Un premier appel d'offre portant sur 120 mégawatts-crête sera publié le 1er août. Il sera suivi de six projets de 30 MWc chacun à raison d'un par trimestre. Le cap est donc clairement donné en direction des collectivités et des grands projets publics au détriment des installations particulières. Une orientation qui risque de pénaliser les petits installateurs. Ceux ci auront en revanche sans doute appréciés le mea culpa de NKM concernant les changements successifs des cadres de loi. La Ministre s'est ainsi engagé à plus de stabilité : "les modifications successives du cadre, tous les six mois depuis 2008, aient été pénalisantes. Mais cette période est finie."