Alors que la région francilienne accumule du retard dans le développement de l'éolien, un projet ambitieux semble enfin se concrétiser. Il s'agit de l'installation, d'ici cet été, d'un parc d'éoliennes d'une quinzaine de pieds installé dans le parc des Gargouilles dans l'Essonne (91). Ce sont en effet trois éoliennes qui sont dors et déjà en construction. Une victoire pour ceux qui voient en l'éolien une source d'énergie majeure à moyen terme dans une région qui peinait jusqu'à présent à développer ces infrastructures.
Les projets éoliens prennent du temps. On constate que la plupart mettent entre 5 et 7 ans à sortir de terre. Les réglementations qui évoluent selon les régions freinent parfois les dossiers. Ce fut le cas du projet éolien du parc des Gargouilles qui est lancé depuis 2003. Il aura fallu attendre 8 ans avant de démarrer la fabrication des éoliennes. Un délai qui n'a rien d'exceptionnel puisque la plupart des projets mettent 5 à 7 ans avant d'aboutir.
Pourtant à quelques kilomètres de Paris les surfaces susceptibles d'accueillir de vastes parcs d'éoliennes sont nombreuses comme l'explique au quotidien 20 minutes Georges Colboc, chef de projet chez Theolia (qui gère la construction de l'exploitation) : « Je pense qu'il y a donc beaucoup de travail. Dans l'espace imparti, on pourrait construire entre 100 et 200 éoliennes qui alimenteraient 200 000 à 400 000 personnes en électricité. C'est faible au regard des 12 millions d'habitants... Mais aujourd'hui, l'Ile-de-France ne produit quasiment rien. D'autre part, la construction de parcs éoliens aux portes de la région a un aspect pédagogique et pourrait encourager d'autres chantiers. »
Pourtant l'énergie éolienne est l'une des plus prisée par les Français dans les enquête d'opinion consacrées aux énergies renouvelables. De nombreux particuliers s'y intéressent, mais ils sont encore peu nombreux à se lancer dans l'aventure. Pourtant, là aussi, c'est en Essonne qu'un couple a décidé d'investir dans l'éolien.
Il n'y a pas que les collectivités franciliennes qui se tournent vers l'éolien. Les particuliers s'y mettent aussi comme le racontait la semaine passée Le Parisien qui revenait sur l'histoire d'un couple d'Echarcon dans l'Essonne. Laurent et Catherine sont en effet les premiers du département à avoir mis en place dans leur jardin une éolienne haute de 11 m et composée de trois pales.
Ce qui a motivé le couple, se sont principalement les économies générées par l'installation d'une puissance de 5 kW qui doit leur permettre d'assurer au moins 30% de leur consommation énergétique. Une installation qui leur est revenue à 29 000 € et qu'ils espèrent amortir en sept ou huit ans. Laurent explique ainsi au quotidien pourquoi ils ont fait le choix de l'éolien plutôt que du photovoltaïque : « les panneaux photovoltaïques sont aussi chers et, avec eux, nous sommes obligés de revendre l'électricité. Alors qu'avec une éolienne, on peut la garder juste pour nous. »

Mais si l'éolien connaît de nombreux adeptes, les résistances restent encore nombreuses pour l'une des énergies renouvelables la moins répandue chez les particuliers. Les éoliennes sont ainsi victimes d'une mauvaise réputation chez les écolo-sceptiques notamment à cause de la gêne visuelle et du bruit qu'elles feraient. Le couple s'est d'ailleurs confronté à pas mal d'inquiétudes comme le signalait le maire de la ville de 800 habitants : « Beaucoup de riverains venaient se plaindre car ils craignaient les nuisances sonores et visuelles, rapporte le maire, Robert Coquidé (...) Moi, je ne suis pas contre, mais si tous nos habitants en mettent une chez eux, qu'est-ce qui va se passer? ».
Un argument classique mais qui est désormais balayé par la modernisation des équipements qui permet d'acquérir des éoliennes de petite taille et qui ne font pas de bruit à l'instar du modèle que nous avions pu découvrir récemment à la Foire de Paris.
Le couple attend désormais la facture d'électricité pour finir de convaincre le voisinage des bienfaits du vent...