Une récente étude réalisée par l'Ifop à l'initiative de Qualit ENR, confirme que le chauffage au bois a la côte auprès des français. Une tendance que nous avons pu confirmer sur le terrain, à l'occasion du salon Bois Energie de Besançon qui s'est tenu en mars dernier. De plus en plus de foyers cherchent à s'équiper en chaudière à bois ou en poêle d'appoint. Des équipements qui attirent aussi désormais les collectivités. Soucieuses de réaliser des économies, et motivées par le fait de remplacer les énergies fossiles (gaz, pétrole) par des énergies renouvelables, elles sont de plus en plus nombreuses à faire le choix d'un équipement bois pour chauffer les bâtiments publics. Ces installations permettent ainsi aux collectivités de s'engager dans une démarche respectueuse de l'environnement (notamment pour les constructions Haute Qualité Environnementale - HQE)
La Dordogne est un département pionnier dans ce domaine. Depuis 10 ans, plusieurs communes se sont tournées vers le chauffage au bois. La ville de Saint Astier possède ainsi le plus gros réseau de chaleur en service du département, avec une installation quasiment entièrement automatisé. Les copeaux ou plaquettes passent du silo de stockage à la chaudière grâce à des tapis roulants. L'évacuation des cendres se fait elle aussi en continu vers un conteneur extérieur. Une personne suffit pour assurer le bon fonctionnement de la chaufferie.
Cette installation est l'une des plus grande réussite du plan « Bois énergie » lancé il y a 15 ans par le conseil général et l'Ademe. Un choix audacieux à l'époque où le pétrole était à 20$ du baril, et qui est aujourd'hui payant alors que les prix flambent à plus de 100$. En effet, le prix du bois n'a lui quasiment pas bougé en 20 ans. Autre avantage du chauffage public au bois : cela permet d'utiliser les déchets de scieries, les palettes, ainsi que les coupes et les tailles qui seraient inexploités autrement. Résultat : les 9 000 tonnes brûlées par an dans les équipements en service représentent l'entretien de 360 hectares de forêts.
Une réserve en bois loin d'être encore suffisamment exploitée puisque la Dordogne qui possède le 3e massif forestier français pourraient encore accueillir bon nombre d'installations similaires.

Une réussite qui motive de nouvelles collectivités à tenter l'expérience. En Vendée, au Poiré, le conseil général est à l'initiative de la construction d'une chaufferie-bois qui permettra de satisfaire près de 90% des besoins annuels en énergie de trois équipements publics majeurs de la commune: le complexe sportif, l'école primaire ainsi que le futur EHPAD (en cours de construction) un centre d'accueil pour personne âgées. Il est déjà prévu que la moitié des 400 tonnes de bois annuelles nécessaires proviendront de l'élagage des haies de la ville et de ses environs. Le reste du bois proviendra de l'industrie (déchets, palettes, récupération...). Opérationnelle en septembre 2011, la puissance de cette chaudière à bois avoisinera les 550 kWh.
Avec la modernisation des systèmes, ces installations bois attirent aussi désormais les promoteurs. En région parisienne, le groupe immobilier 3 F vient d'inaugurer à Savigny sur Orge (91) la première chaufferie au bois mise en service dans son patrimoine francilien. Cette nouvelle chaufferie assurera 80% des besoins en chauffage et en eau chaude sanitaire des 227 logements de la résidence "Les Tilleuls" et permettra de réduire les charges des locataires de plus de 20%. Le coût global de l'opération s'élève à 769 000 euros TTC, dont 142 218 euros ont été financés par la région Île-de France et 22 555 euros par l'ADEME.
Nous ne pouvons que nous réjouir de la multiplication des projets de chauffage au bois collectif, sachant que dans ce domaine la France est en retard par rapport à ses voisins d'Europe du Nord. L'exemple du Danemark est significatif puisque depuis 1988, une loi nationale interdit le chauffage électrique dans tous les bâtiments situés dans des zones définies pour un chauffage par un réseau de chaleur. Un retard français en grande partie due à la tradition hexagonale du choix de l'énergie nucléaire, malgré cela les collectivités prennent désormais conscience des avantages des installations bois pour chauffer des quartiers entiers ou des bâtiments publics.