Comme nous vous l'annoncions il y a quelques jours, le prix du gaz va bien augmenter. Suite à la demande de GDF-Suez[1], la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a approuvé le relèvement des tarifs du gaz naturel de 5,2 % en moyenne dès le 1er avril. Cumulé sur un an, l'augmentation s'élève à 21 %. Si on calcule depuis 2005, le prix a même bondi de plus de 60%.
GDF-Suez justifie cette hausse par le fait que les tarifs du gaz sont majoritairement indexés sur les cours mondiaux du pétrole et renvoie vers le prix du baril de brut qui atteint actuellement des records. A cela, GDF-Suez précise qu'il faut ajouter l'augmentation des coûts d'acheminement. Deux arguments fortement contestés par François Bayrou qui, invité ce mercredi sur BFM/RMC, dénonçait la hausse inconsidérée du prix du gaz pour tous les Français. Il avait déjà vivement critiqué « cette aberration du prix du gaz » français qui a plus que doublé en trois ans, alors que sur les marchés mondiaux son prix a été divisé par trois.

Caroline Keller, de l'association de consommateurs UFC Que Choisir a réagi aux micros de l'AFP : "C'est une hausse vraiment très lourde". En effet, pour les plus de 6 millions de consommateurs privés, l'augmentation moyenne de la facture devrait se situer aux environs de 45 euros[2]. Si l'on reprend la hausse cumulée sur un an (21%), la facture de certains ménages aura grimpé de 200 euros.
A gauche, le Parti Socialiste, à travers la voix de sa première secrétaire, réagit : « Est-ce là la leçon que le gouvernement entend tirer des élections cantonales ? Ne voit-il pas les difficultés de nos concitoyens, déjà asphyxiés par des hausses des tarifs de l'électricité et des carburants, à faire face à la hausse de leur facture énergétique? ». Entre politiques et associations de consommateurs nombreux sont ceux qui se retrouvent dans la critique de l'augmentation actuelle des prix de l'énergie.
Cette nouvelle hausse des prix du gaz aura peut être comme effet positif de convaincre de nouveaux ménages à se tourner vers les énergies renouvelables qui apparaissent désormais comme de plus en plus rentables.
[1] Depuis début 2010, ce n'est plus le gouvernement qui propose les hausses ou les baisses de tarifs. C'est le groupe d'énergie GDF Suez, détenu à 35 % par l'Etat, qui en prend l'initiative.
[2] Si votre facture est entre 900 et 1 000 euros par an. 5.2% d'augmentation représentera donc entre 47 euros et 52 euros de hausse à la fin de l'année.