La colère gronde du côté des professionnels du secteur photovoltaïque dont les projets sont gelés depuis l'instauration du moratoire. Depuis sa nomination au Ministère de l'environnement Nathalie Kosciusko-Morizet est prise à partie. Elle est en effet accusée de brader les engagements pris lors du Grenelle de l'environnement.

NKM a tenté hier d'apaiser la situation en rappelant que cette décision a été prise en vue de définir un nouveau cadre pour la filière : « Notre objectif est de créer un équilibre environnemental et industriel de la filière »* a-t-elle insisté, estimant qu'il « n'était pas légitime que les subventions filent comme l'eau dans le sable ».
Comme nous vous l'expliquions lors d'un précédent article, le moratoire suspend pour une durée de trois mois l'obligation pour EDF d'acheter l'énergie solaire aux tarifs attractifs qui étaient jusqu'à présent en vigueur. Un moratoire qui ne concerne pour le moment que les professionnels mais qui inquiète bon nombre de particuliers.
Nous assistons actuellement à une véritable levée de bouclier des professionnels du secteur de l'énergie photovoltaïque contre ce moratoire. Un recours a même été déposé devant le Conseil d'Etat, pour obtenir son annulation. Pour les acteurs du secteur, il constitue "une purge de la filière et impose des conditions drastiques pour obtenir des dérogations"**. Leader parmi les frondeurs, Enerplan a été rejoint par d'autres associations comme l'Apesi, qui regroupe les producteurs d'électricité solaire indépendants, ainsi que les producteurs-exploitants agricoles.
Parmi les conséquences immédiates de l'annonce de la volte face du gouvernement dans son soutien à l'une des principale énergie renouvelable: le projet de construction d'une usine de panneaux photovoltaïques réunissant l'entreprise française EDF Energies Nouvelles et l'entreprise américaine First Solar a été gelé. La construction de cette usine devait démarrer en janvier 2011 dans la région de Blanquefort près de Bordeaux. Il est suspendu jusqu'à nouvel ordre et risque même de ne jamais voir le jour.
Ce projet avait été lancé en juillet 2009 par Jean Louis Borloo alors ministre de l'écologie. Alain Juppé, Maire de Bordeaux, aujourd'hui Ministre de la Défense, s'était fortement mobilisée pour que cette usine s'implante dans son fief avec à la clef la création de 400 emplois en CDI.
Le fabricant américain de panneaux solaires a annoncé avoir pris à regret cette décision mais que celle-ci avait été rendue inéluctable en raison du cadre législatif très flou entourant dorénavant les installations photovoltaïques d'une puissance supérieure à 3 kWc (centrales solaires). Le décret prévoyant le moratoire « réduit largement la lisibilité et les perspectives de marché qui prévalaient au moment où la décision de construire une usine de fabrication de panneaux photovoltaïques en France avait été prise ».
Comment le gouvernement va-t-il gérer cette fronde des défenseurs du photovoltaïque ? Comment vont s'organiser les discussions dans les trois mois à venir ? Le conseil d'état va t'il remettre en cause le fondement même du moratoire ? Affaire à suivre...
* Dépêche AFP 22 décembre 2010
** Dépêche AFP 20 décembre 2010
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