
Depuis cet été, Jean Louis Borloo (Ministre de l'écologie de l'énergie et du développement durable) et François Baroin (Ministre du budget), multiplient les déclarations qui ne laissent que peu d'espoir à un maintien des taux des crédits d'impôts accordés aux particuliers réalisant des travaux "verts" ou optant pour les énergies renouvelables. Ils déclarent notamment vouloir réaliser au moins 800 millions d'euros d'économies en 2011.
Le projet de la loi de finance 2011 avait donc pour objectif annoncé de mettre fin à la liesse des investissements dans le secteur des panneaux photovoltaïques. C'est ainsi que le 28 septembre dernier les députés ont approuvé la diminution de 50 % à 25 % du taux du crédit d'impôt développement durable pour les acquisitions d'équipements de panneaux solaires.
L'isolation thermique, les vitrages, les équipements de chauffage ... sont également touchés avec une baisse de 10% de leur taux de crédit d'impôt.
Les pompes à chaleur géothermiques passent elles de 40% à 36% de taux de crédit d'impôt.
L'installation de double vitrage donnera désormais lieu à un crédit d'impôt de 22,5% au lieu de 25%.
A noter que le tarif de 58 centimes du kilowattheure auquel EDF doit acheter le courant a été maintenu pour les particuliers.

Rien ne sert de se précipiter ! La réduction des avantages fiscaux liés au photovoltaïque a été mise en application dès le lendemain du vote du texte : le 29 septembre 2010. Une décision prise afin d'éviter un afflux de dossiers d'ici au 1er janvier, comme ce fut le cas l'an dernier.
En revanche devant la fronde des professionnels du secteur, l'état a décidé d'épargner les particuliers ayant déjà versé un premier acompte à l'entreprise chargée d'installer leur matériel. Ils percevront bien une réduction d'impôt de 50%, à faire valoir sur la déclaration de revenus de l'an prochain. Pour les particuliers ayant signé un contrat sans verser d'acompte, leur réduction d'impôt se limitera à 25% des dépenses engagées.
Malgré tout, ces installations restent encore très rentables. Enerplan, l'association professionnelle de l'énergie solaire qui représente 250 entreprises, a ainsi calculé qu'avec 25 % de crédit d'impôt et un plafond de dépenses resté inchangé (16.000 € pour un couple), «le particulier amortit son investissement en huit ans». Ainsi, avec la baisse des coûts, un crédit d'impôt de 25 % en 2010 est plus intéressant qu'un crédit d'impôt de 50 % il y a deux ans.
Les professionnels du secteur reconnaissent même que le gros coup de rabot sur le crédit d'impôt aura probablement pour vertu d'écarter du marché les «démarcheurs à domicile» et autres «gens moins sérieux» qui se sont engouffrés dans la bulle photovoltaïque.
Grâce à la baisse des coûts des installations et à l'engagement contractuel d'EDF pendant 20 ans, l'installation de panneaux photovoltaïques est donc encore une très bonne opportunité d'investissement en 2011. Mais le temps presse car les experts s'accordent à dire que le gouvernement devrait revenir à la charge l'an prochain, peut-être pour supprimer totalement les avantages fiscaux du secteur.