La bonne volonté, je pense qu'on l'a tous. Les enjeux sont connus (sinon je me ferai un plaisir, presque un devoir, de rappeler les principes de bases, mon côté bonne-élève-maitresse-d'école-sans doute). Reste donc à concrétiser le projet, restent les chiffres, la technique et enfin la mise en œuvre avec des artisans de sa région. Tout en gardant l'œil et l'esprit ouverts sur les innovations, en rêvant et en s'inspirant de réalisations et de projets d'architectes, en rencontrant ceux dont le chantier avance ...
Ma tante utilise de la bière pour lutter contre les limaces menaçant son potager, Emma et François rénovent une vieille bâtisse bourguignonne et en attendant de consommer leurs légumes ou de profiter de leur piscine bio, ils cassent, planchent sur les plans, montent des cloisons imaginaires en paille, rencontrent les voisins chauffés au bois, mesurent la place pour le silo, isolent au chanvre. Je ne suis pas architecte mais j'aime discuter avec eux. Et même si je n'ai pas toujours les moyens de m'offrir leurs créations, j'apprécie, entre autres, le travail de designers comme Mathieu Lehanneur pour l'intelligente beauté de leur approche. J'avoue être sceptique quant à l'achat de boules gluantes venant de l'autre bout de la planète pour laver le pull en cachemire de mon amoureux. Plus sensible à Marseille, son savon, à la lavande glissée dans les tiroirs, au pot de menthe qui pousse dans la cuisine et en plus éloigne les mites (alimentaires, est ce utile de préciser?). Je ne suis pas opposée à l'exotisme mais il peut aussi venir d'Alsace, non ?
Ma tante, toujours elle, a depuis longtemps placé une brique dans le réservoir de sa chasse d'eau et comme, de temps en temps, il pleut en Bretagne, son jardin peut paraître étrange avec ses bassines planquées un peu partout. Je lui cherche depuis longtemps un récupérateur d'eau mais ce serait aussi faire disparaître son jardin musical ...

© Fontanka